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Denis Levaillant
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| NERONE BLUES |
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Nerone Blues, pièce de concert pour quintette de cuivre (2tp, cor, tb et tuba) et guitare électrique, 9'30''. Création: Quintette Just'à Cinq et Nguyên Lê au Festival Présences de Radio-France le 13 Février 1997.
Quintette Just'à Cinq Trompettes: Bruno Nouvion et Jean-Pierre Odasso Tombone: Patrice Buecher Cor: Jean-Jacques Justafré Tuba: Philippe Legris Guitare électrique: Nguyên Lê |
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Cette oeuvre est la version de concert d'une musique composée pour la mise en scène du Britannicus de Racine par Alain Françon, au Théâtre du Huitième à Lyon et aux Amandiers de Nanterre, en 1991. Dans le spectacle, la musique jouait un grand rôle, la guitare électrique figurant l'instabilité adolescente de Néron, son désir d'indépendance, sa fascination de sa propre puissance. Dehors, l'Empire, les cuivres. Ce mélange de timbres hétérogènes m'a plu pour son efficacité et, somme toute, sa nouveauté. La guitare est écrite dans la tradition léguée par Hendrix, poursuivie par Jeff Beck: violente, lyrique, saturée. Le mélange de certaines ritournelles harmoniques de l'âge prébaroque et du phrasé du blues rapproche des temps apparemment opposés: j'aime à imaginer que la musique échappe à la notion d'un progrès historique rectiligne vers toujours plus de vérité et de raison. Ici la simplicité de l'écriture permet à chaque note d'être chargée du maximum d'expression, comme dans la technique baroque. C'est donc une oeuvre énergique, théâtrale, expressionniste, qui rejoint dans mon catalogue des oeuvres comme Les Menteries du style ou No progress in arts, dans une veine "néoprébarock" (puissent les musicologues me pardonner ce néologisme). De cette musique, il a été écrit par Bernadette Bost dans Le Monde qu'elle "convoque les vestiges d'un XVIIème siècle dont les tempêtes contemporaines auraient fracturé les monuments". C'est assez juste. D.L. |