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DENIS LEVAILLANT vous donne rendez-vous pour sa saison 2005-2006 à Paris |
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"Après une parenthèse due à la composition et aux voyages, Denis Levaillant, compositeur « hors-pistes », original et ouvert sur le monde, nous revient et signe une saison en 3 actes sur 3 scènes majeures de la capitale avec en prime une création à Ville d'Avray. Tout d'abord avec un ballet symphonique, La Petite danseuse, une "reprise" qui témoigne à elle seule du succès que l'oeuvre a rencontré la saison passée à l'Opéra Garnier, qui en donnera 18 représentations en Décembre prochain. Suivie de deux créations : l'une, au Théâtre du Rond-Point, nous permettra d'entendre le compositeur au piano en compagnie de la comédienne Irina Dalle (déjà complice dans l'opéra OPA. MIA créé en 90 en Avignon) sur un texte de l'écrivain Maurice Roche : Un petit rien-du-tout... L'autre avec la création d'une oeuvre pour orchestre et récitant d'après l'Opéra de la lune de Jacques Prévert, signataire de nombreux contes pour enfants (celui-ci fut écrit en 1953), commande de Radio-France pour le Philharmonique et Jean Rochefort. On verra donc que ce n'est pas un hasard de retrouver Denis Levaillant aux côtés de ces deux auteurs eux-mêmes inclassables, réfractaires à tous les académismes, utilisant les armes terriblement efficaces de l'humour, du style et de la conscience. C'est sans doute la manière de celui qui se sent parent de Maurice Ravel de nous signifier qu'on ne le rangera sans doute pas facilement dans nos rubriques rassurantes. Il confirme, signe et revendique son indépendance et en même temps son ouverture aux autres, son goût pour les collaborations avec d'autres artistes, qu'ils soient écrivains, chorégraphes, plasticiens ou issus du cirque. Il nous revient en suivant son chemin singulier mais pluriel et c'est tant mieux tant nous avons besoin d'oxygène". |
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"Aujourd'hui j'ai besoin de retrouver la scène et le piano. Ces dernières années je me suis entièrement consacré à l'écriture symphonique (en 2002 j'ai écrit le ballet La Petite danseuse (100 mn d'orchestre) pour l'Opéra de Paris, cette année j'ai poursuivi avec L'Opéra de la Lune, que je viens d'achever (45 mn), et entretemps j'avais répondu à de nombreuses commandes d'amis solistes (Manhattan Rapsody pour le saxophoniste Jean-Michel Goury, L'Andalouse pour l'accordéonniste Olivier Innocenti, Le Voyage tzigane, mon quatuor n°3, pour le quatuor Arpeggione. Je dois dire qu'après tant d'expériences de collaborations dans le spectacle vivant (j'ai calculé que La Petite danseuse était le quarantième spectacle auquel je contribuais comme compositeur !), j'avais besoin de me concentrer sur mon oeuvre propre. J'ai ainsi approfondi l'expression mélodique, et trouvé nombre de solutions personnelles aux questions contemporaines de l'harmonie, de la couleur, de l'espace, du rythme. J'ai aujourd'hui un catalogue riche d'oeuvres très variées, mais qui sont toutes reliées, en tout cas très nettement depuis l'écriture de mon concerto pour piano, Echo de narcisse (1995), par un même souci de clarté formelle et une profonde recherche harmonique. Si vous écoutez l'ouverture de La Petite danseuse, vous pourrez entendre cette nouvelle couleur harmonique qui est la mienne aujourd'hui. Il me semble que, de Rameau à Ravel, il existe une pensée harmonique bien française, à laquelle j'adhère sans réserve. D'ailleurs, quand des anglo-saxons me demandent « quelle musique » je fais, je réponds invariablement « a new french music », ce qui en français ne sonne pas aussi bien, mais c'est bien cette idée de « nouvelle musique française », liée à l'impressionisme, que je veux défendre. Cette couleur est aussi très perceptible dans mon piano solo actuel. Je l'ai toujours connue, presque instinctivement, depuis que j'improvise en public. Je l'ai écrite très précisément dans ma dernière oeuvre, ce mélodramme moderne pour piano et voix parlée-chantée que j'ai tiré du texte de Maurice Roche Un petit rien-du-tout. J'ai toujours alterné le jeu pianistique et l'écriture symphonique. C'est ma manière de rester vivant, loin des chapelles, proche des musiques que j'aime (dont le jazz, évidemment, que j'ai pratiqué professionnellement pendant plus de quinze ans), tout en approfondissant ma propre pensée orchestrale. Denis Levaillant - Septembre 2005
A propos de Echo de Narcisse (1995/1996 ) Concerto pour piano et orchestre, le musicologue Bernard BOLLAND a écrit: « A la fois pianiste, improvisateur et compositeur, Denis Levaillant est sans doute l'un des musiciens les plus originaux d'aujourd'hui. Son catalogue qui comprend deux opéras, des oeuvres pour piano, pour voix, pour orchestre ou ensembles de chambre, réserve aussi une place à la musique de film et au "spectacle musical" sous différentes formes. L'abondance et la variété de cette production et une écriture qui emprunte souvent au jazz et aux musiques populaires ne doivent pas cependant masquer l'unité profonde d'une démarche créatrice que Denis Levaillant définit ainsi : "je suis opposé farouchement au formalisme et au "modernisme" qui y est attaché : paradoxalement ils produisent la plupart du temps des oeuvres informelles, c'est-à-dire dénuées de sens. Je cherche à renouer avec l'expression: je m'intéresse avant tout à la dramaturge musicale".
Toujours à propos de l' Echo de Narcisse: "Dans son ensemble, Echo de Narcisse frappe par la simplicité de sa conception et la clarté de son écriture pianistique et orchestrale. En trois mouvements (vif - lent - vif), il est fidèle à la structure du concerto "classique" forgée par Mozart et Beethoven. Le premier mouvement est une forme-sonate, le second une forme-lied (A, B, A) et le final un scherzo. Le respect de la "tradition" ne doit nullement être compris comme un divertissement plus ou moins distancié sur des formes du passé (à la manière néo-classique) mais comme une manière d'intégrer le langage personnel du compositeur à des formes larges, vivantes et universelles. » Bernard BOLLAND
A propos du Quatuor n° 2, Le Clair, l'obscur, le musicologue Pierre Michel a écrit: "Denis Levaillant cherche à "renouer avec l'expression", comme il le dit lui-même, et ce quatuor frappe tout spécialement par l'émotion qu'il véhicule sur trois registres (premier mouvement : "dramatique" ; deuxième mouvement : "méditatif" ; troisième mouvement : "tragique"), à travers vingt-quatre tonalités parcourues successivement. Cette référence à des types d'écriture anciens n'est pas nouvelle dans la production de Denis Levaillant, et l'auditeur pourra rapprocher l'accord de ré mineur tenu peu après le début du troisième mouvement de cette même sonorité au début du Tombeau de Gesualdo de 1994. Le clair, l'obscur..., presque romantique par moments, rejoint d'ailleurs la poésie et l'immatérialité des plus beaux tombeaux musicaux de notre époque. Son style homogène repose néanmoins sur des moyens diversifiés, avec une orientation particulière vers un langage rythmique vivant dont les modèles seraient la parole et certaines musiques de tradition orale. » A propos de Attractions, pièce de concert pour quatuor de saxophones (1996) Pierre Michel a écrit: " Par son goût du jazz, son activité professionnelle dans ce domaine et ses orientations très peu académiques en général, le compositeur a considéré ce genre en cours d'émancipation (depuis Pousseur, Xenakis, Donatoni et Hugues Dufourt) avec une ouverture vers des formes d'expression mixtes, tantôt imprégnées de l'esprit du jazz moderne (on peut penser par moments au "Quatuor de saxophones" de Jean-Louis Chautemps et François Janneau ou au "World Saxophone Quartet "), tantôt proches d'une conception (moderne) plus occidentale de l'écriture : Denis Levaillant n'a-t-il d'ailleurs pas déclaré que le jazz était « l'une des meilleures écoles de musique de chambre» qu'il connaissait..."
A propos de Sept Prières pour un canard sauvage, quintette à vents n°1 Pierre Michel a écrit: "Denis Levaillant attribue au quintette à vent une véritable palette de sonorités en employant parfois plusieurs instruments de la même famille (flûtes en sol et basse, clarinette et clarinette basse, hautbois, hautbois d'amour et cor anglais) et en diversifiant les situations musicales. « Dans un temps étiré » (première prière), « comme un orgue » (troisième prière) sont quelques-unes des notions exprimées dans la partition, mais l'oeuvre entière révèle des modifications significatives dans le traitement expressif du matériau musical. Cette musique plutôt sereine frappe aussi l'auditeur par la richesse et le « dosage » des moyens employés, y-compris les micro-intervalles qui peuvent faire penser aux musiques spectrales dans la troisième prière. Symbole d'une volonté de ne pas couper complètement les liens avec le passé, la septième prière (intitulée La Forêt se venge dans le spectacle) évoque une fin consonante en la bémol majeur, dont la tierce de l'accord est fournie par les sons éoliens de la flûte... L'oeuvre fut créée par le Quintette Nielsen en mars 1995. dans sa première version.
A propos de l'opéra O.P.A.Mia le compositeur et musicologue Gérard Condé a écrit (extrait): « En choisissant des voix "longues" (dont l'ambitus couvre deux octaves), de soprano lyrique et de baryton-basse, le compositeur s'engageait d'emblée à les mener dans tous les registres A ces personnages chantants - Sunny Cash, dieu de l'argent, et Sphinx, déesse de la vérité - correspondent deux personnages parlants, deux humains : un golden boy et une speakerine (qui ne sont pas leurs doubles, plutôt leur incarnation imparfaite), dont les dialogues (ou monologues) tiennent la place des récitatifs dans l'opéra baroque. La parole (comme le récitatif) a l'avantage d'être plus directement compréhensible et de permettre un débit plus rapide; en revanche, son prosaïsme relatif, dans un contexte d'opéra, semble la destiner à l'expression de passions moins élevées. Mettre à profit les qualités de la parole sans être prisonnier de son lyrisme limité, tel a été le souci de Denis Levaillant quand il a choisi de traiter en musique la plupart des dialogues parlés. C'est le principe du mélodrame, tel que l'a défini et expérimenté Jean-Jacques Rousseau et surtout Georg Benda (1722-1795) dont les ouvrages impressionnèrent si vivement Mozart qu'il s'en inspira pour Zaïde. Dans quelle mesure le fond musical, plus ou moins neutre ou actif, souligne les paroles qui s'y superposent ou les contredit implicitement, c'est ce que le compositeur détermine avec plus d'efficacité que dans le récitatif. Généralement c'est l'orchestre qui tisse la toile de fond des mélodrames; ici c'est parfois le choeur chanté ou le choeur parlé; parfois aussi le silence, qui joue pleinement son rôle musical. Il va sans dire que le procédé est mis en oeuvre d'une façon chaque fois un peu différente, selon le principe de variation continue qui régit l'ouvrage tout entier. Vers la fin, deux duos entre Sunny et Lui, puis entre Sphinx et Elle, associent étroitement le chant et la parole. Dans quelques passages le rythme de la déclamation est noté très précisément, soit que le chef d'orchestre doive veiller à suivre le débit de la parole, soit que l'acteur scande son texte comme dans l'Histoire du soldat (...) A propos des oeuvres pour piano le compositeur et musicologue Alain Féron a écrit (extrait): "Le plus important est la force de partage de cette musique, son souffle, sa poésie, son évidence, son honnêteté foncière, ou ce que je pourrais dénommer plus précisément : sa véracité, c'est-à-dire la justesse de son émotion que d'aucuns appellent malencontreusement "beauté" et qui me semble relever bien plus de l'éthique. Voyager au travers de la cosmogonie musicale de ce compositeur c'est alors une expérience d'amour et de transcendance car si cette musique nous parle , c'est qu'elle a à nous apprendre sur nous-mêmes, puisqu'elle est vie intérieure avant tout et que, généreuse, elle s'offre sans s'embarrasser de convenances. C'est pourquoi peut-être son accès nous semble aisé. Mais ne nous y trompons point: l'art de Levaillant est de cacher l'art par l'art même !"
A french musician in Paris! Production: Marie-Pierre PAILLARD MPM International 21 rue du Grand Prieuré 75011 PARIS 01 49 23 83 60 FAX 01 43 38 43 14 MPM.International@wanadoo.fr Communication: Marie-Françoise George 01 43 79 01 17 - 06 82 34 46 58 - mariefgeorge@hotmail.com Diffusion des partitions: Christine Paquelet-Lussac CPEA 20 Gde rue 02810 Montigny l'Allier 03 23 70 27 50 FAX 03 23 70 22 41 www.paquelet-editions.com |
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