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Denis Levaillant
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| Le clair, l'obscur... |
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Quatuor à cordes n°2, 23' Mouvement 1: 9'02 Quatuor Arpeggione |
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Né d'un douloureux souvenir personnel, ce quatuor exprime à la fois la colère et la paix - au sens de la réconciliation avec l'être disparu. L'état d'esprit général est ainsi celui du refus ou de l'interrogation ( pourquoi ?), et il se manifeste en premier lieu par un motif musical récurrent dans l'oeuvre entière, présenté par les quatre instruments simultanément au début, puis de façon successive le plus souvent. On peut voir à travers cet élément parfaitement perceptible (demi-ton ou ton descendant) l'un des moyens recherchés par le compositeur pour créer un réseau intelligible de relations entre différents moments et différentes facettes du quatuor. Car l'idée de Denis Levaillant est bien ici, malgré la forme en trois mouvements, de "faire entendre un objet passionnel unique, un élan du coeur, toujours en transformation". Le titre de l'oeuvre suggère l'éventail d'un parcours de "couleurs harmoniques et rythmiques" où sont présents "la douceur comme la violence, le clair comme l'obscur, l'intime comme le révélé, du plus sourd (le la bémol majeur !) au plus clair (le la majeur !)." Denis Levaillant cherche à "renouer avec l'expression", comme il le dit lui-même, et ce quatuor frappe tout spécialement par l'émotion qu'il véhicule sur trois registres (premier mouvement : "dramatique" ; deuxième mouvement : "méditatif" ; troisième mouvement : "tragique"), à travers vingt-quatre tonalités parcourues successivement. Cette référence à des types d'écriture anciens n'est pas nouvelle dans la production de Denis Levaillant, et l'auditeur pourra rapprocher l'accord de ré mineur tenu peu après le début du troisième mouvement de cette même sonorité au début du Tombeau de Gesualdo de 1994. Le clair, l'obscur..., presque romantique par moments, rejoint d'ailleurs la poésie et l'immatérialité des plus beaux tombeaux musicaux de notre époque. Son style homogène repose néanmoins sur des moyens diversifiés, avec une orientation particulière vers un langage rythmique vivant dont les modèles seraient la parole et certaines musiques de tradition orale. Ce deuxième Quatuor à cordes, écrit huit ans après le premier, fut créé par le Quatuor Arpeggione le 23 mars 1997 à l'Abbaye de d'Epau. |